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mercredi 18 septembre 2013

Le travail invisible...un monde

"Le travail c'est la mobilisation des hommes et des femmes face à ce qui n'est pas prévue par la prescription [...] En ce sens il n'y a pas de travail qui ne trouve  son origine dans un mouvement initiale de déception. Le manque, la souffrance sont inscrits au cœur de l'expérience du travail". Philippe Davezies passe en revue dans l'article "Éléments de psychodynamique du travail", les principes fondamentaux de cette discipline.
 
Normalité souffrante ou équilibre instable, l'expérience de la douleur semble bien mieux partagée que celle du bonheur, celle de l'enfer mieux que celle du paradis. Cette douleur, comme ce qui fait que le travail est travail intelligent, est parfois invisible ou euphémisée notamment par la mobilisation des mécanismes de défenses, sur lesquels nous reviendront dans un prochain article.
"Quand un système est malade, désobéir c'est un peu guérir"
, a lancé un collègue au cours d'une matinée qui n'avait pas tenue ses promesses (voir les promesses du travail 11/09/2013). C'était avant d'avoir lu ce qu'en disaient les tenants de la psychodynamique du travail et l'évocation de la Métis. L' intelligence courbe.
Cette inspiration, cette élaboration du corps et de l'esprit qui nous amène à tricher, ruser, improviser afin que le travail soit bien fait... réalisé, afin que l'on se réalise à travers lui.
Inspirée du nom de cette déesse, Métis épouse de Zeus, si intelligente à ses yeux, qu'il  décida de l''avaler. Cette intelligence incorporée résiderait maintenant dans le ventre, les tripes. Du prescrit au réel de l'activité, il y a un monde. Un monde d'idées, de mouvements, de gestes que l''on choisi d'exécuter en désobéissant... souvent. Ce territoire de l'agir instrumental  est investit par le travailleur sans référence au prescrit, il y mobilise son affect et son intelligence de manière imperceptible. C'est pourtant dans cet espace que vit l'activité et que l'organisation du travail se joue.

 Il n'y a pas de neutralité dans le travail. La neutralité ne nous fait pas agir, c'est l'amputation du pouvoir d'agir (Ricoeur).
Le travail nous transforme et grâce à lui on déborde les normes... la normalité, qui pour Canguilhem représente,"l'écart entre la santé idéal et la maladie décompensée", là aussi... un monde.

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